www.guillaumenouaux.com


- Extrait presse -
RIM SHOT L'OFFICIEL DE LA BATTERIE (n°28)



          Retour vers le futur avec ce jeune batteur, qui pour sa première galette distribuée à l’échelle nationale, décide de rendre hommage à son héros Gene Krupa. L’objet, « Drummin’Man » (chez Mosaïc Music), sonne grave et réchauffe le cœur. Une fête du swing à laquelle tous les amateurs du genre sont conviés.


De quelle planète viens-tu, Guillaume ?

          Je viens d’une petite commune du bassin d’Arcachon qui s’appelle La Teste de Buch. J’ai été inscrit à l’école de musique municipale dès l’âge de six ans. Je voulais jouer du saxophone, mais un peu par hasard, je me suis retrouvé à la batterie et aux percussions. Arrivé à quatorze ans, j’ai eu envie d’en faire mon métier. Je suis rentré au conservatoire de Bordeaux, en percussions.


T’es-tu tout de suite intéressé au jazz ?

         Le jazz est venu avec mon frère qui jouait du tuba. Un jour son batteur n’était pas dispo. Moi je jouais dans un groupe de hard rock. Il m’a appelé pour faire le gig, alors que je n’avais jamais joué de jazz de ma vie. J’ai adoré ça. Ensuite, via les disques, j’ai développé mon goût pour cette musique. Puis j’ai dû faire mon service militaire dans la musique à Versailles. J’avais beaucoup de temps libre, et je passais mes soirées dans les clubs de jazz parisiens. Je me suis inscrit à cette époque à l’école Agostini avec Jacques-François Juskowiak. Je me suis fait un peu connaître du milieu, et au bout de six mois, on m’appelait pour des remplacements.


Avec quels artistes joues-tu actuellement ?

         Je joue dans le quintet bop de Samy Thiébault, avec les Vintage Jazzmen et la chanteuse Tori Robinson, une chanteuse de gospel. Je remplace aussi régulièrement le batteur du Tuxedo big band.


Faire un hommage à Gene Krupa comme premier album, c’est étonnant !

         C’est mon premier disque distribué, mais j’ai fait deux opus autoproduits auparavant. Je ne trouve pas cela étonnant, dans la mesure où je ne me contente pas de copier le style de Krupa. Il y a quelques compositions de lui, comme « Drummin’ Man », et « Wire Brush Stomp », mais moi et les autres musiciens du quintet, en faisons notre propre interprétation.


Tu semble ancré dans le jazz des années 20 à 30. Pourquoi ?

         Parce que si de jeunes musiciens comme moi n’entretenaient pas cette tradition, personne ne le ferait. Souvent, les gens on du mal à accepter que de jeunes musiciens pratiquent et s’intéressent à cette musique là. J’aime par-dessus tout ce jazz, mais je ne rejette aucunement les aspects plus modernes de la musique improvisée. Mon prochain disque sera peut-être plus be-bop. Je pense que pour faire progresser un style de musique tel que le jazz, il faut avoir la culture de la tradition. C’est crucial.


Parle-moi de la batterie que tu utilises sur le disque.

         C’est une vieille Ludwig des 50’s. J’ai des accessoires d’époque, comme un woodblock, une crotale que je dispose à l’envers, et une très vieille cymbale en forme de soucoupe volante, fixée sur un support datant des années 20. Pour moi, c’est important de me mettre dans les bonnes conditions pour jouer cette musique. Le feeling que procure le matériel joue aussi un rôle.



Propos recueillis par Ludovic Egraz



www.guillaumenouaux.com